Nov 4, 2005

Hot and cold [Dharapani 1700m]

Aujourd'hui, nous nous rendons à Dharapani. Nous rencontrons de nombreux ponts suspendus et quelques gués. La vallée où nous nous retrouvons est de plus en plus encaissée. Les montées s'annoncent car il va bien falloir commencer à grimper ces montagnes dont nous sommes de plus en plus proches !

Au passage, nous croisons des villageois et des enfants qui jouent à un jeu qui ressemble au billard : il s'agit de pousser des jetons dans des trous, par le biais de ricochets avec d'autres jetons.

Notre pressentiment se confirme après avoir marché un certain temps dans le fond de la vallée : nous entreprenons maintenant une longue montée sous le soleil. Nous nous arrêtons ensuite à Tal pour déjeuner. Nous redémarrons assez vite et terminons notre marche du jour vers 15h, ce qui nous laisse le temps de profiter de l'eau chaude (!) que nous offre le lodge, avant que le soleil ne tombe. Il n'est en effet pas très marrant de se doucher une fois le soleil disparu, car à cette altitude, le fond de l'air est frais et le fait de se doucher nous refroidi. Il nous faut alors 1h dans notre duvet pour nous réchauffer.

La fraîcheur s'installe. Nous ne sommes pourtant qu'à 1700m d'altitude pour l'instant. Les 5416m qui nous attendent nous apparaissent d'un coup un peu surréalistes. Pourtant, nous ne sommes pas encore trop fatigués. Les nuits sont généralement bonnes, même si je me bats régulièrement avec mon sac de couchage. Si la fraîcheur est de mise en soirée, ce n'est pas le cas en journée : dès que le soleil apparaît, la température remonte. A l'arrêt, c'est l'idéal. En montée, on sue ! Un grand jeu très vite lassant commence alors : un brin de vent et un terrain plat nécessitent notre veste polaire. Une montée, avec ou sans vent, nécessite de retirer la veste. Arrêt repas ? Il faut se rhabiller. Tout cela avec du matériel photo dans les mains et un sac sur le dos. Autant dire qu'on en arrive vite à se résigner à mettre la veste en permanence ! C'est ce que font d'ailleurs les népalais depuis le début du trek, ce qui nous étonnait un rien au début.

Nov 3, 2005

No war no peace ! [Jagat 1350m]

Nous quittons ce matin Ngadi pour Jagat, que nous rejoindrons dans le courant de l'après-midi. Notre nuit a été bonne : le lodge était propre et accueillant. Nous sommes donc fin prêts pour rattrapper les heures de marche en moins de la veille. C'est aujourd'hui le premier long jour de marche (environ 6h), mais les dénivelées sont encore raisonnables, ce qui nous laisse le temps d'apprécier le paysage et les particularités du trekking : le chemin est assez fréquenté, par toutes sortes de gens. Par les touristes, qui goûtent, comme nous, aux joies de la randonnée, mais également par les autochtones, qui parcourent des kilomètres à pied pour rejoindre Kathmandou pour passer l'hiver. Il faut dire que l'hiver est rude en Himalaya, et les villageois profitent de la saison touristique pour faire des économies, ce qui leur permet ensuite de subsister plusieurs mois à Kathmandou loin de chez eux. Nous sommes à la fin de la saison touristique, et certains népalais sont déjà en route vers la capitale. Mais il y a également d'autres voyageurs : ceux qui "véhiculent" de la nourriture ou du matériel dans les villages. Ainsi, un troupeau d'ânes nous précède ou nous suit, selon les moments. Les doubler n'est pas une mince affaire, le chemin étant très étroit par endroits. Il nous semble que notre guide a plutôt peur des ânes, ou du moins, il ne les aime pas. Ceux-ci transportent de gros sachets de riz ou même des bidons d'essence. Le plus cocasse, ce sont les porteurs qui emmènent sur leur dos, dans des cages, des poules ou même des petits cochons... qui font l'admiration des touristes que nous sommes.

Nous prenons un déjeuner très agréable à Spanje en face d'une chute d'eau. Je profite de l'intermède pour juger du poids des sacs transportés par notre porteur, Donny. Il porte à la fois mon sac et celui de Guillaume, et j'ai bien du mal à hisser ce poids énorme sur mes épaules sans me croquer le dos. Une fois le sac sur le dos, je me sens comme "skotchée" au sol. Je ne me vois pas du tout refaire ce que je viens de faire avec cette masse sur le dos ! Expérience concluante : ma culpabilité se dissipe !

Après le repas, nous redémarrons pour deux heures de marche où nous pouvons admirer de nombreuses rizières. Nous passons la soirée dans un lodge un peu pouilleux à Jagat, après avoir acheté un très joli bonnet népalais comme tous les touristes qui se sont arrêtés dans ce village.

Dans la soirée, Suké, le guide, nous signale qu'il a un "big problem" : un maoïste a investi sa chambre. Nous devons nous réunir pour l'écouter. Ce qu'il a à dire est très simple : we need to pay ! Sinon, c'est demi-tour. Le racket n'est pas trop important : nous devons nous démunir de 1000 roupies par personne, soit environ 12 euros. Il appelle ça une "taxe", similaire à celle que nous devons payer lorsque nous atterrissons sur un territoire. Ce sont les taxes d'aéroport, qui reviennent à l'état. Les maoïstes, eux, contestent le pouvoir établi. Ils ont leur propre "gouvernement", qui ne voit pas la couleur de ces taxes perçues par les autorités. Ils en ont donc créé une, qu'ils viennent récolter auprès des trekkeurs, via des menaces qu'il s'agit de prendre au sérieux, puisqu'ils sont tout de même armés.

Après s'êtres acquittés de notre "taxe", nous discutons quelques minutes avec le maoïste en question. Il nous explique que pour eux : "No war no peace". Ils estiment que le gouvernement actuel est une dictature, le roi Gyanendra s'étant octroyé les pleins pouvoirs après avoir fait assassiner son propre frère. A l'heure où nous lui parlons, les maoïstes sont surtout présents dans la région du Tibet et dans les montagnes. Ils ne comptent investir Kathmandou et Pokara que dans trois mois environs, car actuellement, c'est la trève. Les maoïstes auraient une armée d'un million de personnes.

C'est ce que nous avons pu comprendre de cette discussion avec celui qui nous appelons "le maoïste", qui parlait l'anglais, il faut le dire, comme une vache espagnole. D'ailleurs, ses explications de certaines métaphores relatives à sa vision de la guérilla sont restées impénétrables...

Après ce petit intermède "politique", nous retrouvons avec plaisir nos plumes pour une nuit bien méritée.

Nov 2, 2005

Momentum is your friend ! [Ngadi 930m]

Pour ce deuxième jour de trek, c'est une courte marche de 2h vers Ngadi qui nous attend. Une fête bouddhiste mobilise en effet tous les lodges du village qui devait nous accueillir. Nous sommes donc résignés à nous arrêter plus tôt, même si ça nous inquiète quant aux heures de marche supplémentaires que nous allons devoir intégrer dans le "programme" prévu pour les jours suivants. Pour l'heure, c'est la découverte d'une spécialité locale qui nous attend : les ponts suspendus ! Bien que la plupart d'entre eux soient en bon état, les premiers que nous avons à traverser ne nous disent rien de bon (surtout moi). Il s'agit, pour les traverser sans encombre, de s'élancer d'un pas décidé et de ne pas trop regarder le fond de la vallée. C'est pareil qu'en vtt : momentum is your friend ! Une deuxième règle de mise est de jeter un oeil aux alentours du pont pour vérifier qu'aucun troupeau d'âne n'a entreprit de le traverser en même temps que vous. Sinon, ballotage garanti ! Enfin, pour les plus peureux, une troisième règle peut également aider bien que ce soit plus psychologique que réellement nécessaire : gardez le gnôme de votre vie pas trop loin, il pourrait éventuellement vous stabiliser ou vous apaiser en cas de grosse secousse ! Ceci dit, expérience faite, il se peut également que ce même gnôme de votre vie s'amuse de votre inquiétude en vous disant qu'il n'y a aucun danger ou en vous montrant, preuve à l'appui, qu'il est même possible de sauter à pieds joints sur le pont sans pour autant se retrouver en bas.

Il faut bien reconnaître malgré tout qu'il n'y a rien de bien dangereux si l'on s'en tient à un point de vue purement objectif. Mais la psy que je suis a fait de la subjectivité son métier, alors ce ne sont pas les quelques 4 ingénieurs du groupe (sur 5 trekkeurs !) qui vont suffire à me remettre sur le chemin de l'objectivité !

Les paysages montagneux qui se profilent à l'horizon au fur et à mesure de notre marche nous font déjà rêver et imaginer ce qui nous attend pour la suite.

Le poids que peuvent supporter les porteurs népalais nous impressionne également beaucoup ! Il n'est pas rare que nous voyions des objets lourds et encombrants noués par une simple corde sur leur dos. Lors d'une petite pause, nous avons pu comprendre que l'un d'entre eux portait 70kgs de matériel sur son dos ! En sachant qu'ils se trimballent ces poids à une altitude qui varie entre 1000m et 5000m, on peut dire qu'ils pètent la forme !

Arrivés à Ngadi tôt dans la journée, nous en profitons pour nous débarbouiller et faire une petite promenade dans les environs du village. Alors que Cyril et Delphine ainsi que Virginie d'ailleurs, s'essayent à une petite ascension, nous partons en direction du torrent, faire trempette. Pour l'atteindre, il faut traverser un petit pont en bambous. Ce n'est pas très stable mais la chute à craindre en cas de faux pas n'est pas d'une hauteur trop importante. Aux abords du fleuve, on peut admirer le riz dont se nourrit la population népalaise.

De retour après notre petite escapade, nous nous asseyons avec Suké et Donny, le guide et l'un des porteurs. Suké nous parle de sa culture et de la répartition des religions au Népal. Les musulmans sont en minorité alors que les hindouistes et bouddhistes sont très nombreux. Tout ce petit monde cohabite dans une grande harmonie, nous dit Suké. Lui, est à la fois bouddhiste et hindouiste, comme beaucoup de népalais. Il ne distingue pas tellement les deux, disant que son coeur prie Dieu sans faire de distinction. Suké fait partie de l'ethnie des Gurung. Il nous apprend que le nom qui désigne l'ethnie est repris dans le nom de chaque népalais. Suké s'appelle donc Suké- son nom-Gurung. Une autre ethnie mieux connue est celle des Sherpas. Mais ceux-ci viennent plutôt du coin de l'Everest. Ces quelques échanges se terminent par un "atelier calligraphie" où Suké et Donny nous mettent par écrit, dans leur alphabet, des mots simples comme "namasté", "Annapurna", etc.

Nov 1, 2005

Annapurna Conservation Area [Khudi 650m]

C'est donc avec Cyril et Delphine, rencontrés lors de notre longue escale à Abu d'Habi que nous entreprenons ce trek. Il y a aussi Virginie, qui s'est jointe à nous via l'agence, ainsi que "l'encadrement" : les trois porteurs et le guide, Suké. En entrant hier soir à Khudi, nous avons pénétré la réserve de l'Annapurna. C'est avec fierté que nous posons à côté du panneau qui annonce l'entrée dans "l'Annapurna Conservation Area".

La végétation est luxuriante. Le paysage est verdoyant et nous laisse découvrir des arbres fruitiers, dont de nombreux bananiers. Lors du trek, nous aurons à voir évoluer le paysage, passant de cet endroit très fourni en matière de végétation, à d'autres endroits plus arides, et puis enneigés. De la même façon, nous verrons la manière de se nourrir varier en fonction de ce qu'offre la nature : de la banane nous passerons aux mandarines puis aux pommes. Nous aurons même l'occasion de manger du yack si le coeur nous en dit, du côté de Manang. Pour l'heure, ce sont les "araignées sauteuses" qui préfèrent ce type de végétation. Guillaume, n'écoutant que son courage, tentera de me rassurer en poursuivant celle qui avait élu domicile dans notre "case"... en vain... ces bestioles sont encore plus rapides que chez nous !

De bonne heure, nous nous extirpons de notre sac de couchage pour apprécier la fraîcheur du matin. La "petite laine" n'est pas superflue. C'est dans la pièce commune que se prend le petit déjeuner. Nous sommes étonnés du choix important ! Notre coeur balance entre des corn-flakes, des chapati (pain népalais dont nous nous rendrons compte assez rapidement qu'il est un peu étouffe-chrétien il faut bien le dire), du poridge, des toasts, des pancakes... c'est byzance ! La boisson conseillée est le thé noir, thé bu par tous les népalais, auquel ils rajoutent du sucre. C'est pas mauvais, même pour moi qui n'aime guère le thé. Nous nous préparons ensuite pour la journée de marche. Les préparatifs seront désormais identiques chaque jour : préparer de l'eau potable (entendez "prendre de l'eau à la fontaine et y mettre un micropur deux heures avant de l'ingérer"), refaire le sac en prévoyant le nécessaire pour la journée à porter sur notre propre dos, déposer notre sac à dos dans le sac à sac pour ensuite le donner au porteur, qui le noue à un deuxième sac pour ensuite porter le tout via un système de portage népalais : les épaules et la tête aident au portage, comme on peut le voir sur les photos. Je n'ose pas imaginer les dégâts occasionnés aux cervicales ! En ce début de trek, nous nous sentons un peu gênés de faire porter nos affaires, même si c'est "la procédure habituelle". Notre culpabilité ira en décroissant au fur et à mesure que l'altitude se fera importante... car bizarrement, à 5416m, je ne pensais plus du tout à cette question de bagages et de cervicales !

Ready ? Go ! [Besisahar 800m]

Départ prévu pour 6h du mat' du guest house, pour être à l'heure pour prendre le bus. Fébriles mais bien réveillés malgré l'heure matinale, nous sortons donc de nos plumes à 5h00 du mat'. Après un rapide dernier "contrôle de sac", nous descendons prendre le petit déj' sommaire pour lequel nous nous étions mis d'accord la veille avec le patron... car partir le ventre vide ne nous tentait guère ! Au pire, j'avais tout prévu en dévalisant avant de partir les rayons "barre de céréales" du Carrefour... mais je préfère les conserver le plus longtemps possible au cas où ! Ben quoi ? Au cas où nous serions pris dans la tempête, ça nous éviterait pendant les deux semaines de recherches intensives organisées par l'Ambassade de France, de devoir opter pour tuer l'un d'entre nous pour nous sustenter ! Au cas où des "grèves d'ânes" causeraient des pénuries dans les lodges qui ne seraient plus ravitaillés ! Au cas où la nourriture népalaise serait mal acceptée par mon estomac capricieux et engendrerait des vagues de reflux divers peu contrôlables et peu agréables lorsqu'il s'agit de marcher toute la journée... autant de possibilités pour lesquelles mes barres de céréales seraient les bienvenues ! Au cas où j'aurais envie de grignoter autre chose que du riz peut-être aussi... m'enfin bon, ça c'est moins probable ! Quoi ?

Ca y est, le taxi arrive. Nous nous entassons, nous et nos sacs, dans la voiture. Quelques minutes plus tard, nous rejoignons la gare des bus. Il y a un nombre incroyable de bus sur et à côté desquels des gens s'agitent pour charger les bagages. C'est un peu la foire.

Nous découvrons ensuite les joies des transports en commun népalais. Ballotage au programme ! Mais la vitesse assez lente à laquelle nous progressons nous rassure : à 30 kms/h, il ne peut pas nous arriver grand-chose ! Erreur ! Un bus crâmé au fond d'un précipice nous rappelle l'insécurité qui règne sur les routes au Népal, due à la vétusté des véhicules, qui sont sans aucun doute plus âgés que nous, et qui en sont certainement à leur troisième vie, après avoir bourlingué ailleurs en Asie. Au Népal, ce sont les rois de la récup', et pour cause : les népalais apprennent à faire avec ce qu'ils ont et y arrivent assez bien. Malgré la pauvreté visible, une grande partie de la population semble arriver à vivoter grâce à de petites récup' à gauche et à droite.

Outre le matériel, le pilotage n'est pas plus rassurant, d'autant plus que le pilote semble chaperonné par trois népalais dont on se demande quelle est leur fonction, mais qui le distrayent plus qu'autre chose.

Nous nous arrêtons pour un arrêt pipi au bout d'un temps qui me paraît court. C'est également la pause repas... sauf qu'il est dix heures du matin et que je ne me vois pas avaler du riz à cette heure-ci. Un buffet est pourtant organisé pour les voyageurs. Méfiants, nous nous interrogeons sur la comestibilité ou du moins sur les dégâts intestinaux que pourrait produire sur nos estomacs encore peu habitués la tambouille qui nous est proposée. Au final, c'est la raison qui l'emporte : personne ne mange.

Le bus poursuit ensuite sa route. Les montées sinueuses dans un paysage verdoyant nous enchantent. Le trajet en bus se termine dans un petit village, où Suké, notre guide, nous propose le repas local : le Dalh Bhat. Il s'agit d'un plat servi à volonté, dont la base est un riz très collant (c'est le Bhat), dans lequel on mélange de la "soupe de lentilles" (c'est le Dalh). C'est servi avec des légumes au curry, un peu de poulet et un espèce de "grand chips" tout gras sans goût. Le plat est délicieux, même s'il vaut mieux laisser le chips de côté. Il s'agit d'apprécier car nous allons en manger quasiment au quotidien... Nous apprendrons par la suite la raison pour laquelle tous les porteurs et guides des treks et expéditions mangent du Dalh Bhat : il s'agit d'un plat bon marché servi à volonté, ce qui permet de se rassasier pour marcher sans trop dépenser ! On peut dire que c'est plus un plat "fonctionnel" que "gastronomique"...

C'est donc le ventre bien rempli et quelque peu rassurés sur les plats locaux, que nous quittons le petit village où nous ne nous étions arrêtés que pour manger. Cette fois c'est le taxi qui nous emmène vers le départ de notre trek que nous attendons avec impatience. Il y a de quoi car le trajet est long et les "obstacles" ralentissent notre progression déjà très lente : des petits rituels ont cours au Népal lors des fêtes locales. Ceux-ci consistent, pour les enfants essentiellement, à arrêter les voitures avec une corde tendue en travers de la route, pour demander un peu d'argent. Ces arrêts fréquents nous permettent de découvrir le folklore local, ce qui n'est pas plus mal.

Une autre sorte d'arrêt est au programme, un peu moins drôle. En tout cas, les népalais n'ont pas l'air de rigoler : les militaires ont baissé des barrières, empêchant les véhicules de passer. Nous, touristes, pouvons rester dans le taxi... mais les népalais doivent faire le chemin qui sépare les deux barrières à pied. Guérilla oblige ! Il s'agit pour les militaires de sécuriser la région et de faire barrage aux maoïstes éventuels qui tenteraient de passer.

Les 8h de trajet se terminent par 2h de marche pour rejoindre Khudi, dans un lodge à la propreté toute relative. Eau froide, toilettes à la turque, petite case pour dormir. C'est pas mal mais un peu crade. Il va falloir que je m'y fasse. Je crois que le plus dur pour moi va être de supporter l'état des douches !

Oct 31, 2005

Profession : "vendeur de couleurs"

C'est à Durbar square que le taxi nous dépose ce matin, au beau milieu d'un brouhaha incroyable et d'embouteillages monstrueux. Très peu affectés par l'ambiance et les distractions que pourraient occasionner les bruits de klaxons et les gens en nombre qui se massent autour d'eux, les vendeurs de fruits trônent sur des grands draps étalés par terre, où ils ont entassé de nombreux fruits qui colorent les rues.

Les "vendeurs de couleurs" leur font concurrence, proposant carrément des pigments très "flashs" dans le cadre de ce qu'ils appellent leur jour de festival. Nous apprendrons par la suite que ces pigments ne se vendent qu'en ces jours de fête et qu'ils servent à décorer les devantures des magasins, mélangés à des pétales de fleurs et quelques bougies. Il nous a semblé observer que ces "rosaces" tracées sur la route étaient prolongées d'une grande "queue" joignant le cercle au tiroir-caisse du magasin... Peut-être s'agit-il d'un rite pour que la "pêche aux touristes" soit fructueuse l'année qui suit ?! La préoccupation des népalais en cette saison est en effet entièrement focalisée sur le touriste qui se fait accoster en moyenne trois fois par minute.


Si la pêche aux touristes est un sport difficile, la pêche aux népalais l'est nettement moins. Il vous suffit pour cela de ralentir le pas pour jeter un oeil sur une carte quelconque et le tour est joué ! Vous en défaire sera nettement moins aisé par contre...

Nous passons le reste de la journée à Bhaktapur, après quelques kilomètres effectués en taxi, duquel nous avons tout le loisir d'observer les habitants se déplacer à pied sur de longues distances, même chargés de ballots de paille.

La ville est ancienne et calme, les véhicules à moteur étant interdits. Nous nous laissons tenter par les très nombreux objets artisanaux proposés et nous baladons tranquillement dans les ruelles de cette jolie ville, qui sera celle, au bout du compte, qui nous aura le plus séduits.

Le must de la promenade fut sans hésitation le cyber café à l'étage d'une maison délabrée. Quel décalage entre Bhaktapur, ses habitants, cette maison quelque peu glauque, et la présence d'une connexion internet !

La soirée fut consacrée à quelques achats en vue du trek du lendemain, et à la rencontre de la cinquième trekkeuse, Virginie, en compagnie de laquelle nous avons rapidement pris notre repas avant d'aller dormir pour être prêts à 6h15 le lendemain.

Jamais sans mes tongues !

Lessivés, nous n'en sommes pas moins impatients de découvrir Kathmandou, dont nous avons eu le temps de nous faire conter le charme par Jean-Claude, un passionné du Népal. "Le Népal, on n'y va pas, on y retourne !", paraît-il. Intrigués par tant de verve, c'est donc curieux et fatigués que nous avons abordé cette première journée au Népal.

Quelque peu encombrés par nos sacs, nous nous élançons vers la sortie de l'aéroport, où nous ne sommes pas seuls : des dizaines de taximen nous accostent, nous prenant quasiment nos bagages des mains. C'est la jungle !

Sortis indemnes de cette "foire aux taxis", nous voilà installés dans l'un d'entre eux, en direction de notre hôtel. Le court trajet qui relie l'aéroport à Thamel, le quartier touristique de Kathmandou, est suffisant pour nous dépayser d'emblée. Dès cet instant, nous savons que nous allons vivre une expérience un peu spéciale !

Mieux vaut ne pas regarder la route pour éviter l'infar... la route est bondée de multiples engins, piétons et animaux... les népalais roulent à gauche, parfois à droite quand ça les arrange... Ca klaxonne à tout bout de champ et ça zigzague tout autant. Les routes ne sont pas toutes macadamisées et la notion de trottoir est totalement inexistante.

Arrivés à l'hôtel sans encombres, nous découvrons les chambres du guest house choisi dans le guide du routard. L'endroit a l'air convivial. Beaucoup plus que la salle de bain, en tout cas. Une chose est certaine : je ne me laverai pas sans mes tongues !

Kathmandou, ville de tous les paradoxes

Première balade à pied et première visite : Swayanbunath. La marche pour s'y rendre nous amène à rencontrer les populations népalaises dans leurs occupations quotidiennes. Pauvreté et manque d'hygiène au programme. De nombreux enfants nous accostent en lançant fièrement un 'Hello' à notre passage. Outre les enfants, il s'agit de se défaire rapidement des nombreux commerçants ambulants si l'on ne veut pas s'engluer dans des politesses qu'ils n'entendent pas. Tout est à vendre : bijoux, objets d'art, vêtements, visites guidées, renseignements.

Longue trotte à pied pour arriver au pied de l'escalier de Swayanbunath, aussi appelé le Monkey Temple. Les marches usées glissent - surtout au retour. Nous sommes accueillis par des singes plutôt agressifs, qui s'en prennent surtout aux gourmands, essentiellement les petits naïfs et sans défense (entendez les enfants), qui ne se méfient pas assez de ces singes si mignons ! Nous avons d'ailleurs eu l'occasion d'assister à deux embuscades bien menées par ces chers singes. Leur butin : une glace et un paquet de cacahuètes.

Swayanbunath est considéré comme l'un des premiers sanctuaires bouddhiques du monde. Le décor est celui de tous les sanctuaires bouddhiques : de nombreux moulins à prières, et des petits stupas en haut des marches.

Le soir, repas au Four Season's après de longues recherches d'un lieu qui nous paraît suffisamment hygiénique. En ce début de séjour, il ne s'agit pas d'être malade ! Et nous ne savons pas encore très bien à quoi nous en tenir en terme de précautions à prendre.

Une courte balade pour digérer dans les rues de Thamel, fatigués par le bruit des klaxons tout au long de la journée, et notre périple en avion de la vieille. Nous rentrons rapidement à notre guest house, impatients d'avoir toute la journée du lendemain pour visiter. Nous nous endormons en pensant à cette journée passée, qui nous semble tellement surréaliste... L'ambiance de cette ville nous intrigue. C'est la loi de la débrouille, de la négoce, des bons plans et des 'good prizes'. Tout va très vite et en même temps, les népalais sont très zen. Nous avoisinons le 'toit du monde' et ça sent la pollution à plein nez... (nombreuses sont d'ailleurs les personnes affublées d'un masque 'anti-pollution'). C'est très touristique tout en étant très 'pittoresque' : entre deux commerces, on voit comment les gens vivent au quotidien, de ventes ou bons plans divers. C'est la ville de tous les paradoxes !

Oct 29, 2005

Après les 24h de Francorchamp, les 26h d'Abu d'Habi !

Un an après notre trek inoubliable au Népal, alors que le roi Gyanendra trônait encore sur son "trône en chocolat", je me décide à prendre la plume. J'avais envie de replonger une dernière fois dans mes souvenirs du Népal, avant d'y ajouter de nouveaux, que notre prochain trek, programmé fin août dans l'Himalaya indien cette fois, ne manquera pas de nous procurer.

Nous sommes en 2005... départ samedi 8h00. C'est pas trop tôt : ça fait des semaines qu'on décompte les jours avant le grand départ ! Itinéraire prévu : Paris - Abu d'Habi et Abu d'Habi - Kathmandou.

Arrivée lundi midi à Kathmandou, heure locale. Soit 47h45 de voyage... grâce à Gulf Air, compagnie peu fiable pour ne pas dire compagnie de m... qui nous a gentiment fait poireauter 26h à Abu d'Habi. Alors c'est pas qu'on n'aime pas les Emirats mais le but du voyage c'était tout de même le Népal !

Gros dodo sur les sièges de l'aéroport, puis devant les guichets de la compagnie, puis finalement à l'hôtel de l'aéroport, après avoir fait marcher notre grande g... ceux qui en avaient une moins grande n'ont pas eu notre chance. Dodo entrecoupé de réveils nombreux, donc, nécessaires pour ne pas manquer les boarding virtuels organisés par la même compagnie... histoire de nous maintenir en haleine. On a d'abord cru à un jeu télé basé sur la résistance des candidats. Finalement on s'est mis d'accord sur une conclusion plus crédible : c'est le foutoir !

Ce préambule peu engageant nous a tout de même permis de rencontrer d'autres âmes en peine dans l'aéroport, et de faire alliance. Cyril, Delphine, Jean-Claude et les autres... c'est toujours moins ennuyeux de s'ennuyer à plusieurs !

Sep 1, 2003

Rame, rame, rameur, ramez !

Cher Rotverdum,

Je suis bien contente d'être rentrée en Belgique. Je ne sais trop dire pourquoi en fin de compte, mais le seul fait de revoir mes amis y est déjà pour beaucoup. Me voilà donc assise entre deux chaises : nous travaillons, nous avons un logement, mais nos meubles sont toujours dans le bateau !
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Bref, tu t'en doutes, on squatte chez les potes, nos valises à la main. Mais elles finissent par peser lourd, ces valises ! On aimerait se poser, enfin être chez soi… C'est donc avec impatience que nous attendons le jour J, le jour où enfin, nos p'tites affaires retoucheront à nouveau le sol belge.
1er octobre : Ca y est, dis : nos affaires sont à Anvers ! Par contre, chose pas évidente, 'faut qu'on passe la douane. Tcheu dis ! Moi ch'te dis, la dwan', c'est ben ben compliqué quand t'es une belge mariée avec un français ! Ben oui quoi, on ne sait pas trop pourquoi mais c'est comme ça ! Ca n'aide franchement pas hein cette maudite nationalité française ! Puuuuut ! Si j'avais su que je devrais la traîner comme un boulet comme ça partout, j'y aurais réfléchi à une fois, dis ! Bon… K'ess-tu dis ? C'est l'Europe ? Que nenni hein toa !
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Je te passerai les détails à ce sujet car c'est aussi ennuyeux que les 50 coups de téléphone que j'ai du passer pour arriver à débloquer la situation ! Donc donc… Après cette première galère, on sentait le truc venir : ça puait l'pâté, comme on dit icitte !
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Enfin bon, ça y est, nos affaires arrivent chez nous ! Mardi 7h30 : Mon chum étant bloqué à une réunion pour toute la journée (super !), j'arrive seule à l'appartement 30 minutes à l'avance (ben quoi, on ne sait jamais que le gars du conteneur arrive plus tôt que prévu). Première merde : le proprio avait dit qu'il laisserait l'appartement ouvert… l'est fermé ! Je lui téléphone, m'en fout si j'le réveille ! C'est bon, il vient ouvrir. Super efficace la fille ! Mardi 8h00 : Les déménageurs arrivent (pas le conteneur : les déménageurs !). Mardi 9h15 : Le conteneur n'est toujours pas là. Je commence à stresser sérieusement. "Allow madame ? Oui dites c'est pantoute icitte. J'attends depuis plus d'une heure dites c'est normal ?". Bon, i va arriver paraît-il… Les déménageurs, eux, ne sont pas de cet avis : ils veulent se casser car ils ont du taf ailleurs… Euh… réfléchissons vite, réfléchissons bien…
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
"Il est bien entendu que je vous payerai les heures d'attente". Ils restent. Deuxième merde résolue. Bon, par contre, toujours pas de conteneur à l'horizon… Mardi 9h45 : Un beau conteneur tout bleu arrive triomphant dans la petite rue commerçante que nous allons habiter. Euh… I rentre pas dans les places réservées sur la place au bout de la rue (je l'avais bien dit à l'agent de police que ses deux places de parkin' seraient ridicules par rapport à mon gros conteneur). Heureusement, j'avais prévu le coup : j'avais réservé des places avec ma voiture et quelques chaises. 30 minutes plus tard, mes ptites affaires sont garées sur le bord du trottoir. C'est là qu'intervient Hagard Dunord : un viking enrobé et barbu sort du camion. Il sait parler, c'est déjà ça. Kesskidit ? Il a pas de pince. Ah. Et alors ? Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah faut une pince (énorme) pour couper le scellé du conteneur ?! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah et comment se fait-il que le 'tit viking i l'a pas prévu d'pince ? Ben oui, j'me balade tous les jours avec une pince énorme (faut couper 1,5 cm d'épaisseur d'acier !) en poche ! Ben non fieu, moi tout ce que j'ai se trouve dans ton p... de conteneur ! Big stress vite supplanté par la vision d'horreur qui m'arrive : trois flics se pointent. Y a une dame qui les a appelé parce qu'à cause du camion qui est garé su'l trottoir, ben elle peut pas passer avec sa poussette ! Restons calme… Elle ne peut pas traverser la rue pour passer sur l'autre trottoir la p'tite dame ? Non ?
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
J'esssssplique ma situation désespérée aux flics qui ne peuvent rien pour moi mais décident de pas m'ennuyer, pour le dire poliment, avec l'histoire de la poussette. Ouf, revenons à nos moutons : Hagard Dunord est remonté dans son camion parce qu'il pleut à boire debout ! Très peu perturbée par ce détail malgré mes courtes manches et ma pharyngite, je m'organise avec les déménageurs pour faire le tour du quartier à la recherche du temps perdu… 30 minutes de recherche et une engueulade au téléphone avec les mecs d'Anvers n'y font rien : il est 10h45, je paie les déménageurs depuis 8h00, le conteneur est toujours scellé et le viking me dit qu'à 12h00 il doit être reparti. Je m'entends lui répondre que s'il le faut je me coucherai devant son camion pour le retenir et qu'il ne faut pas se foutre de la gueule du monde ! Je vais péter un plomb c'est pas possible ! Bon… Guillaume… j'appelle le gnôme de ma vie à la rescousse. Il va venir avec une meule. Il a 45 minutes de trajet…
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Les déménageurs vont voir s'ils n'auraient pas un outil dans leur dépôt. J'attends… C'est là que trois furies apparaissent. C'est la coiffeuse et les deux vendeuses du magasin de vêtements juste à côté de chez moi : le camion masque leur vitrine, on leur fait perdre leur journée, c'est irrespectueux, c'est dégueulasse. Elles crient tant qu'elles peuvent, impossible de placer un mot. Impossible d'expliquer quoi que ce soit, ni de mettre en évidence qu'il n'y a pas un chat dans la rue vu le temps qu'il fait, ni que franchement, ça m'est rarement arrivé de flâner en ville et de me dire, en apercevant la vitrine d'un coiffeur, que -tiens, j'irais bien chez le coiffeur-. Enfin bon, elles hurlent et prennent les passants à témoin. "Si vous ne vous bougez pas j'appelle la police". "Ben appelez-les, ils sont déjà venus". Elle les appelle. Ils veulent pas venir. Hihi. A l'autre de répliquer : "Moi je connais le commissaire, je vais l'appeler". Incroyable, enfin bon… J'ai bien envie de la claquer contre le mur ! Ne pas craquer, ne pas craquer. Les déménageurs arrivent. Ils ont un marteau et un burin. On va essayer. Dur dur… C'est à ce moment là que je trouve une scie à métaux ! Après quelques essais on approche du but : ça y est c'est ouvert ! Alleluia alleluia alleluia ! On se concerte avec les déménageurs : 'faut sortir le plus de trucs possible du camion avant que le commissaire n'arrive. On tape tout dans l'entrée aussi vite que nos ptits muscles nous le permettent. C'est alors que le commissaire débarque et s'adresse au viking qui daigne sortir de son camion : "Monsieur, vous n'avez pas le droit d'être sur le trottoir, je vous donne l'injonction de vous mettre ailleurs". Le viking, imperturbable, répond calmement : "Non". Hihihi je me marre… Pendant ce temps-là je continue à décharger le camion. Le commissaire devient tout rouge et s'énerve : "En ma qualité de commissaire, je vous donne l'ordre de dégager le trottoir". "Non". Hihihi… Pendant ce temps-là, un des deux déménageurs adresse un "ta gueule" systématique aux furies à chaque fois qu'il passe à côté d'elles les mains chargées de caisses. Si nous n'avions pas tous les passants et les trois furies sur le dos, la situation serait presque drôle ! Le commissaire s'adresse aux furies et leur dit qu'il s'en va, qu'il ne peut rien faire : "Mais môssieur, faites quelques choses, vous êtes notre dernier recours". "Ben vous voyez bien qu'il ne veut pas bouger, que voulez-vous que je fasse ?". Hihihi le commissaire a l'air d'un con. Finalement, le manège continue encore une demi-heure puis je me résigne à demander au camionneur de se mettre ailleurs avant de me payer une amende carabinée.
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Nous continuons donc à décharger le camion dans le calme mais nous avons 300m à faire à pied entre le camion et l'appartement. Petit détail lorsque l'on considère que l'on doit se taper 4 volées d'escaliers par la suite pour arriver chez nous. Les déménageurs étant pressés, moi et Guillaume, arrivé entre-temps, les aidons à monter les caisses.
Rame, rame, rameur, ramez, on n'avance à rien dans c'canoë !
Ca y est, on est épuisés mais tout est là ! Nos p'tites affaires sont dans le salon… Y a plus qu'à… tout ranger. Je m'y mets tout de suite malgré l'extrême fatigue due à cet épisode, les démarches qui l'ont précédé, le portage de caisses, le boulot en parallèle et accessoirement, ma pharyngite. Je déballe… Chaque objet est emballé dans 10 feuilles de papier… ça donne l'impression de déballer ses cadeaux d'anniversaire. Au début c'est gai, mais ça devient vite pénible, tout de même…
Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… C'est bizarre, j'entends même la chanson… Ca doit être chez le voisin. Bon, 1h après, c'est toujours la même rengaine… Ca devient pompant à la longue ! Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… Oui bon ça va on a compris ! Je finis par me demander si je n'ai pas -à cause de la fatigue- des hallucinations… Je me pose sérieusement la question lorsque je me rends compte que la musique vient d'une des caisses. Je pose l'oreille sur chaque caisse : c'est celle-là ! C'est une des caisses qu'un ami nous a demandé de ramener du Canada. Je l'ouvre le plus vite que je peux. Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… Joyeux anniversaire… C'est une caisse de lettres. Après avoir viré la moitié du courrier par terre tant mon état nerveux est inquiétant, je la trouve enfin et lui fait passer un mauvais quart d'heure. Bon, je continuerai tout ça plus tard. Pour l'instant, je m'affale sur le fauteuil que j'ai réussi à déballer et je pense à ce que le déménageur m'a dit en partant : "Vous voyez m'dame, on devient comme ça quand on devient grand !". Je veux pas grandir, Rotverdum ! Je veux pas ! Tu crois que c'est obligatoire ? Pour terminer, AVIS : je cherche activement une manière de me venger légalement et pacifiquement de la connerie des trois furies que j'ai pour voisines. Qui a une idée ?!
Pantoute


Les Gilles de Nivelles : fête traditionnelle dans notre nouveau lieu de résidence. C'est un peu comme les Gilles de Binche sauf qu'ils lancent des mandarines plutôt que des oranges (ça fait moins mal). Par contre, ils sont tout autant bourrés qu'à Binche et la musique est tout aussi répétitive...

Aug 1, 2003

Toune d'automne

Un peu de Québec dans nos valises

Toune d'Automne - Cowboys Fringants - wideo

En berne

"Société tu m'auras pas", à la québecoise...

En Berne - wideo

A ceux qui restent

En cette veille de départ Tchantchès, j'ai une pensée émue pour ceux qui restent...
A ceux qui restent et qui se reconnaîtront !
Ô grands aventuriers de l'éternel,
Ô fidèles amis du bout du tunnel,
Ô clowns méconnus du grand nord,
Ô français perdus dans le vieux port,
Gardez vos âmes sensibles,
Gardez vos âmes rebelles.
Vous trouverez la cible
Et resterez vous-mêmes.
Continuez à rêver
Continuez à vouloir...
Ici c'est pas le pied
Je sors mon mouchoir...
Généreux vous avez su partager
Vos coups de gueule et vos pieds de nez.
Toujours joyeux vous m'avez conté
Vos souvenirs et vos partés.
Je pars demain en terre connue
Laissant derrière des âmes déçues.
Mais je rentre chez moi très contente
D'avoir connu toute la bande.
Québec sera désormais un peu
Terre d'accueil et terrain de jeu,
Québec sera à jamais c'est certain
Une troupe de chums plein d'entrain.
J'vous enverrai des cha-chas
Puis des colis de foie gras
Pour que perdure notre amitié
Et votre souvenir de moé.
Je vous souhaite plein de bonnes choses,
Pi j'crois que j'vais m'remettre à la prose...
Entre nous : j'ai pris mon hamster avec moi
Même si ça n'a pas l'air, comme ça...
Bizz à tous !
Pantoute